Bourse

Publié le par Robespierre

La presse en fait ses gros titres : la bourse s’écroule. Et alors ?

 

Il y a belle lurette que la bourse ne signifie plus rien, et surtout pas une indication de la valeur des entreprises. En ce moment, au prix affiché par « les marchés », on pourrait s’en offrir certaines et s’enrichir considérablement rien qu’en revendant, et pas très cher, ce que l’on appelle leurs actifs, machines, matériels divers et locaux, sans même parler des propriétés immatérielles. Alors pourquoi s’inquiéter de la chute de la bourse, et pour tout dire pourquoi même en parler ?

 

Pour les dénoncer, pardi !

 

Les bourses arrivent aujourd’hui à réaliser l’exact opposé de ce pour quoi elles ont été crées. A l’origine, il s’agissait de fluidifier les capitaux et de leur permettre de circuler et d’aller vers les entreprises qui les recherchaient pour développer leur activité. C’était au temps du capitalisme industriel, un temps lointain où l’argent ne se créait qu’avec la réalité de biens matériels. Sans usine, pas de profit.

 

De nos jours, on gagne beaucoup plus, énormément plus, dans un jeu financier où plus aucune richesse matérielle n’est crée. Dans le système capitaliste classique, le financier est un auxiliaire et  on ne peut rémunérer l’argent au-delà de ce que la production industrielle génère. Dans le capitalisme financier, on ne produit plus rien, il n’y a plus d’usines. L’argent ne sert qu’à acheter de l’argent. Evidemment, la faille du système est qu’il faut bien payer l’argent : il n’y a donc pas d’autre solution que d’en créer encore, par l’emprunt ou par la planche à billets. Supposons que l’on arrête d’emprunter, il faudra rembourser autrement que par de nouveaux emprunts, et donc avec de l’argent créé par une production industrielle. Or voilà des décennies que l’on ne produit plus rien, que seul l’argent produit de l’argent, du moins dans les vieux pays capitalistes où les rentiers ont repris, après un siècle et demi, le pouvoir aux industriels.

 

Le capitalisme industriel est mort depuis bien longtemps. La répétition des crises boursières et la dictature idéologique de ceux qui exigent le retour forcé aux équilibres budgétaires pourrait bien causer la perte du capitalisme financier. Le plus drôle, c’est bien que les plus violents tenants de cette idéologie sont officiellement les défenseurs de ce capitalisme. En réalité, ils défendent une infime frange de la société, des rentiers que la seule vue d’une usine répugne, qui est persuadée de sortir encore enrichie de cette crise.

 

Car la bourse permet à ces gens là de prendre le contrôle à vil prix d’entreprises industrielles et de les dépecer dès que la reprise s’annonce. Je pourrais réclamer la potence, qu’on les pende, mais cela ne servirait à rien. Non, c’est par l’impôt qu’il faut les combattre en instaurant des taxes confiscatoires dans le cas de revente d’entreprises achetée à une valeur très inférieure à celle de ces actifs, situation qui montre qu’il n’y a aucune logique industrielle. Evidemment, entre les lieux de production et les résidences des financiers, il y a l’écran des paradis fiscaux, que personne, malgré les discours, ne cherche à détruire. Non, la légion ne sautera ni sur Monaco, ni sur Guernesey. Hélas, cette nouvelle crise boursière ne détruira pas le capitalisme financier. Et c’est vraiment bien dommage.

 

Car ce capitalisme là, celui des rentiers qui échappent à l’impôt, qui n’hésitent pas à financer les partis politiques qui voteront les lois permettant de concentrer encore plus la richesse entre leurs mains, ce capitalisme là est la pire des dictatures, la pire des monstruosités. Le capitalisme industriel possède en lui des risques de dérive, en particulier vers ce capitalisme financier, mais au moins il a besoin de la production industrielle qui elle seule apporte la création de richesse, et cette production a besoin de main d’œuvre qu’il faut bien rémunérer, à laquelle il faut bien verser un salaire puisque c’est moins cher que de la réduire officiellement en esclavage.

 

.Faut-il en appeler à la révolution ? Faut-il promener au bout de piques les têtes des valets politiciens au service de ces exploiteurs ? On ne les regretterait pas, mais tout cela serait vain, à moins que l’on parle d’une révolution mondiale. Et nous voilà revenu au bon vieux « Prolétaire de tous les pays, unissez vous ». Eh oui, ce n’est pas un hasard si le populisme, qui dressent les peuples les uns contre les autres, progresse avec le capitalisme financier.

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Publié dans Capitalisme financier

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